Exposition « Expression sur papier journal » avril 2021 by Lemaléduqué

Exposition avril 2021 by Lemaléduqué

Série de 8 tableaux

Prise de conscience

La routine est une accoutumance morbide aux êtres et aux choses… qu’il faut fumer ! Bang, bang !…

Débris de mots éparpillés

Assise dans un lit qui ne veut plus de moi, le corps nu et solitaire, enveloppé dans un drap suintant le moiteur froide de l’agonie, j’écorche, avec mes ongles rongés par le tourment de vivre, le bleu-noir de ma nuit blanche pour y laisser entrer la lumière pâle et tremblante d’une lampe de chevet. Et, tout en recrachant le venin de l’insupportable hier, aujourd’hui et demain, je m’affaire à me défaire pour me refaire une beauté fatale.

Rien n’y fait

J’ai beau m’inventer des soleils pour distraire mes journées établies… ils finissent tous par dégouliner… comme une malédiction… sur l’exaltation de mon imagination… Ne reste plus que moi, ma cigarette et l’instant terrible…ment insupportable !

Tambour battant

Tant que je vivrais, mon cœur battra l’irraisonnable…

Tic…tac…

Elle, allongée dans un bras de mer, scrute l’horizon où les volutes de nuages esquissent les contours d’un amour suprême… où l’instant heureux se fige et s’éternise… Lui, du dessus de sa posture prévenante… jette sur elle ses désirs ardents comme on jette de l’huile sur le feu… D’un coup, les corps enthousiastes s’embrasent chaudement et se consument énergiquement à l’ouvrage parfait… Silence de mort… sur des restes mortels… Et un refrain monotone, sorti d’un quelque part, mais d’où ?, traverse des cœurs emballés de sublime… pour dire oui, pour dire non et pour finir de dire…

Evocation métaphysique…

Que de souvenirs mémorables dans les bains de mon enfance où les soucis étaient des fleurs à la couleur du soleil et les pleurs des perles de rosée à l’odeur de savon… Que de souvenirs méprisables dans les bains de mon adolescence où ELLE s’amusait à récurer mon corps et mon âme pour mieux les laver de leur péchés de jeunesse… mais aussi pour me remémorer qu’une couronne d’épines coiffe à jamais mon destin… Dans un bain de mon aurore existentielle, j’ai joué et j’ai ri avec la mort qui m’éclaboussait de son fantasque comme ligne de mire au vivre et au mourir… Un foutu moment que j’ai gardé en bouche… A l’ombre de ce souvenir heureux, j’écoute le coucou de l’oiseau qui salue de son tic-tac enjoué l’univers entier jusqu’à son inexistence… et je souris… je crois…

Un peu de poésie dans ce monde trop sérieux…

Dans une main un café-calva pour digérer mes pt’êt ben qu’oui, pt’êt ben qu’non… Dans une autre main, une cigarette chinoise pour inspirer et expirer les foutues chinoiseries du jour… Des pleurs plein les yeux pour moins pisser d’angoisse dans ma jolie culotte rose censée exciter les battements de cœur de mon homme bientôt de retour à la casa… Je vide mes intestins des lourds festins et en profite pour chier mes pensées digérées… A quoi bon s’embarrasser de ce que j’ai compris de l’humain, du monde et de moi-même ?… Le cul dans le vide, plutôt qu’entre deux chaises, je profite de cet intermède romanesque pour expérimenter de nouveaux sons de cloche… bien plus rigolos que celui qui rythmait le quotidien de mes aïeux… Café-calva du pays, cigarette made in China, pleurs providentiels, pensées dépensées, cul droit dans ses bottes, pets décongestionnants… des ingrédients simples pour donner meilleur goût aux choses de la vie… A la chiotte dès que possible, je revendique !

Smile laid ou le cri déchiré de Marla

L’être de soleil rayonnant… Masque en rade… Etat Piteux… Conséquence d’une culture putride… s’écorche a grands coups de pinceau créateur… pour mieux respirer ses hurlements empêchés… Reprendre du poil de la bête… De l’animalité pour diluer son humanité… dans le bleu de ses yeux… délavés par des années de sanglots abrasifs… Bordel, que c’est brutal de se vivre dans une carcasse, amas de chair en charpie et d’os fracturés, qui n’est pas complètement sienne…